Introduction Le plus difficile pour un journaliste en télévision est de comprendre qu’il fait de la télévision avant de faire de l’information ! C’est peut-être la partie la plus difficile à assimiler, mais une fois que le journaliste l’a comprise, tout devient tellement plus facile.Les gens lisent les journaux, écoutent la radio et REGARDENT la télévision. L’image fait la force de ce média et il faut savoir comment l’utiliser. Nous devons donc écrire en fonction des images disponibles ou, si nous tournons nous-mêmes nos images, tourner en fonction de ce que nous voulons dire. Il arrive que les images parlent d’elles-mêmes, au point que les commentaires deviennent superflus. La télévision est un média d’émotions. Les gens s’intéressent à ce qu’ils voient seulement si nous parvenons à leur faire partager les sensations que nous avons vécues comme reporter. Quand un journaliste écrit pour l’imprimé, il doit respecter certaines règles de grammaire. C’est la même chose en télévision. Les valeurs de plan, les conventions et les termes La règle des 2/3-1/3Comme en photographie, c’est la règle du 2/3-1/3 qui s’applique en télévision. Ne jamais faire passer la ligne d’horizon dans le milieu de l’image. Si vous désirez mettre l’accent sur le ciel, accordez-lui 2/3 de l’image et consacrez l’autre tiers à la terre ferme. Si à l’inverse vous désirez attirer le regard sur la terre, donnez-lui la place de choix. C’est la même logique à la verticale. Plan large et plan très largeLa définition du plan large peut varier d’un sujet à l’autre. Il peut aussi bien montrer une vallée avec des montagnes (dans ce cas-ci on utilise parfois l’expression d’un plan très large) qu’un personnage de la tête aux pieds. Il sert surtout pour établir une situation. Les réalisateurs et les journalistes l’utilisent habituellement pour commencer une séquence. De cette façon, nous établissons l’environnement ou le contexte dans lequel évoluent nos sujets. Du même coup, il établit l’environnement (l’axe) dans lequel nous tournerons notre séquence.Nous l’utilisons aussi à la fin d’une séquence pour montrer l’évolution de la scène ou tout simplement pour « boucler la boucle ». En voyant un tel plan dans une séquence, l téléspectateur s’attend à ce que nous passions à autre chose.Plan moyen (ou plan rapproché)Le plan moyen rapproche le téléspectateur du sujet et précise le point d’intérêt du sujet. Il évite le choc que provoquerait le passage d’un plan large à un gros plan. Chez une personne, c’est habituellement de la taille à la tête. Si un plan large nous permet de montrer un édifice, le plan moyen nous permettra de montrer la porte d’entrée. Gros plan moyen Situé entre le plan moyen et le gros plan, ce plan sert principalement lors des entrevues avec les «officiels». Il permet notamment de mettre l’identification de l’individu. Très utilisé lorsque deux personnes discutent.Gros planChez une personne, nous parlons de gros plan lorsque nous la cadrons des épaules à la tête. Ce plan permet de se rapprocher d’une personne et nous permet de distinguer davantage ses expressions. Le gros plan sert à isoler et montrer une action posée par le sujet ou encore à montrer un objet très important pour la compréhension de l’histoire (comme la plaque identifiant Le Palais de justice) Très gros planMoins utilisé que le gros plan, le très gros plan permet de partager les émotions d’une personne ou encore de créer des émotions (une seringue qui rentre dans une veine ne manque jamais de faire grimacer un téléspectateur). Toutefois, il est à utiliser avec modération. Il ne faut pas jouer au voyeur, car l’auditoire n’aime pas que l’on viole l’intimité des gens. Il a de plus le désavantage d’accentuer les défauts d’une personne.Plan américain Plan intermédiaire entre le plan large, et le plan moyen, le plan américain montre un personnage des genoux à la tête. Il permet de varier les plans dans une séquence et évite l’utilisation abusive du plan large. Les mouvements de caméra Panoramique Le panoramique est utilisé principalement pour montrer une scène qu’il est impossible de montrer dans une image fixe. Il peut varier de droite à gauche ou de gauche à droite. Le mouvement de gauche à droite est plus naturel à l’œil des Occidentaux (dans le même sens que la lecture). Il permet également de découvrir un à un plusieurs éléments dans un même endroit. Très utile lorsque l’on veut faire découvrir l’environnement de travail d’une personne. Idéalement, le caméraman attend près d’une dizaine de secondes avant d’amorcer le mouvement (une amorce de 5 secondes et 5 secondes fixes pour permettre au réalisateur ou au journaliste d’utiliser cette image) et demeurera fixe 5 secondes à la fin de son plan. Il est préférable de pratiquer une fois avant de tourner le plan. Il est également conseillé de le faire à deux vitesses différentes pour permettre une plus grande flexibilité lors du montage. Zoom avant (zoom-in) Ce mouvement sert surtout à attirer l’attention sur un point en particulier, un détail qui pourrait autrement nous échapper. Le zoom avant peut aussi ajouter un peu de vie à une image où il n’y a aucune action. Toutefois, avant de tourner, il faut savoir où arrêter (une pratique ne saurait nuire). Il est malheureusement trop utilisé, surtout par les cameramen débutants qui développent parfois la “zoomite” aiguë. Encore une fois, il faut prévoir un coussin de 5 secondes au début et à la fin afin de donner toute la latitude nécessaire à celui qui l’utilisera au montage. Habituellement, un plan moyen et un gros plan font aussi l’affaire. Zoom arrière (zoom-out) De son côté, le zoom arrière permet de mettre en perspective un détail significatif. À partir d’une clé à molette, on peut découvrir un bricoleur dans son atelier. Lui aussi est utilisé à outrance.Travelling Ce genre de mouvement est généralement utilisé pour suivre une ou des personnes. Souvent employé pour filmer un individu de face, il met l’accent sur la personne, même chose lorsqu’utilisé de côté. Par contre, lorsqu’on s’en sert pour suivre une personne (de dos), l’attention est plutôt dirigée vers l’environnement ou les gestes de cette personne. Les réalisateurs et les cameramen utilisent également le travelling lors de scène de caméra subjective, afin de montrer ce que voit ou ressent notre personnage. C’est un plan parfois difficile à réussir et il est préférable de le faire avec un objectif grand-angle. Les mouvements brusques sont alors moins perceptibles.Dolly Ce mouvement de caméra ressemble au travelling, à la différence qu’il est beaucoup plus stable puisque la caméra est placée sur un chariot. Les équipes de cinéma ou les émissions de télévision qui en ont les moyens utilisent des rails pour assurer une plus grande stabilité. En reportage, certains cameramen utilisent parfois des fauteuils roulants pour obtenir des dolly très acceptables. L’automobile est aussi très utilisée. L’axe C’est sans doute une des parties les plus difficiles à contrôler lors du montage, mais l’axe s’établit d’abord au tournage. Il change constamment. Il est établi à partir du premier plan d’une séquence. Il faut toujours savoir où se situe l’action par rapport à notre premier plan. Le téléspectateur ne doit jamais se demander de quel côté se trouve un intervenant. Le plus exemple est sans doute la télédiffusion d’un match de hockey ou de football. Toutes les caméras se trouvent du même côté afin qu’une équipe à l’offensive tire dans la direction du but ou de la zone des buts. Mais l’axe se définit également en fonction des regards. Lorsqu’une personne regarde dans une direction, nous montrons ce qu’il regarde, nous établissons alors un nouvel axe Ne pas respecter l’axe peut porter à confusion. Après un certain temps, une fois que son cerveau a situé tous les personnages le téléspectateur peut finir par s’habituer, sauf que pendant un bon bout de temps, il se demande qui est qui et qui est où. Pendant ce temps, il n’a pas vraiment écouté ce que disaient les invités. Il arrive parfois que des personnes utilisent le croisement de l’axe sans provoquer trop de réactions négatives. Souvent au montage, nous sommes pris avec des séquences où l’axe n’est pas respecté au tournage. La façon la plus conventionnelle de tricher est de mettre un extrême gros plan qui nous permettra de passer d’un axe à l’autre. Vous pouvez aussi utiliser, lorsque c’est possible un truqueur numérique qui vous permet de «flipper» votre image. Faites un plan très court et attention aux écritures et aux séparations de cheveux. Les angles et la caméra Hauteur idéale Le rôle de la caméra est de montrer ce que le spectateur verrait s’il était sur place. Il est donc normal de la placer à la hauteur des yeux d’une personne de grandeur moyenne. Lors d’une entrevue, assise ou debout, le caméraman placera l’objectif à la hauteur des yeux de l’invité. Toutefois, lorsqu’il est indispensable de montrer l’arrière-plan, il peut arriver que la caméra soit placée légèrement plus haute ou légèrement plus basse que la hauteur idéale. Une caméra trop haute donnera l’impression d’écraser le personnage en plus de mettre en évidence le dessus de sa tête. Par contre, une caméra trop basse donnera au téléspectateur l’impression que le personnage le regarde de haut, en plus de mettre les doubles mentons en évidence. Plongée Bien utilisée, la plongée permet de donner une dimension à une image. Il faut faire attention de ne pas montrer trop de dessus de têtes. Mal utilisée, la plongée peut nuire à un reportage puisqu’il enlève de l’importance au sujet. Lorsqu’utilisée de façon subjective, la plongée permet parfois de montrer la “supériorité” d’une personne ou d’un objet par rapport à un autre. Contre-plongée La contre-plongée permet de donner de l’importance à un objet ou à une personne. Même une borne-fontaine prend alors des dimensions imposantes devant une maison beaucoup plus grosse. Ex. : Le caméraman peut prendre une borne-fontaine en contre-plongée devant une maison incendiée pour mettre l’accent sur le fait que cet équipement ne fonctionnait pas lorsque les pompiers ont voulu l’utiliser. Elle permet de mettre en évidence le propos du narrateur. L’entrevue À une caméra Pour une entrevue classique où sont assises deux personnes: La caméra est placée juste à côté de l’interviewer, à la hauteur de ses yeux. Dans le plan large, il faut voir une partie de l’épaule de l’interviewer, le côté de sa tête. Il faut être le plus de face possible de l’invité, afin de lui voir clairement les deux yeux. En général, l’entrevue commence sur un plan large des deux personnes (pas besoin de voir le plancher). Une fois la première réponse terminée, le caméraman amorcera un zoom in lent pour se retrouver en plan moyen lorsque l’invité reprendra la parole. Suivra ensuite le gros plan moyen (aux épaules). Si l’entrevue est assez longue, il faut varier de plans de temps à autre pour permettre de couper d’une réponse à l’autre sans faire de faux raccord (jump cut) ou d’avoir à utiliser un plan de coupe. Du coup, le caméraman procède à la prise de plans de coupe, si utiles en certaines occasions. Si l’entrevue devient plus intime, que l’invité vit des émotions devant la caméra, il faut aller en très gros plan (sans exagérer non plus)! Une fois l’entrevue terminée, il est préférable de refaire des plans de coupe. IL FAUT QUE LES GENS CONTINUENT une entrevue, sinon ces plans risquent d’être inutilisables (ex si la personne rit, impossible de monter ces images avec d’autres où elle est sérieuse). Il faut également TOUJOURS garder les microphones en place. Le son ambiant est très important au montage et, de plus, il arrive souvent que des gens disent alors des choses qu’ils avaient oubliées pendant l’entrevue.Si c’est une entrevue qui sera diffusée tel quel (pas dans un reportage), il faut demander au journaliste de reposer ses questions à la caméra. Cette dernière sera placée aux côtés de l’invité, à la hauteur de ses yeux. Elle est du même côté des deux personnes. Variez entre les plans moyens (avec l’épaule de l’invité à l’avant-plan) et les gros plans moyens. Si jamais l’invité devait partir pour les questions, l’interviewer lui demanderait s’il lui permet de rester quelques minutes supplémentaires afin de refaire les questions (en général l’invité se trouvera du temps pour voir si ce sont les mêmes questions). IL EST TRÈS IMPORTANT de conserver une unité de temps et de lieu pour une entrevue. On peut tricher sur les angles et le décor arrière, mais il faut que les gens aient l’impression que les questions et les réponses sont faites en même temps, que l’entrevue est faite avec 2 caméras. À deux caméras Les caméras se placent aux mêmes endroits que pour une caméra. Il faut toutefois que le réalisateur et les cameramen s’entendent pour les plans. Ce serait dommage que les deux cameramen tournent tous les deux des plans larges en même temps.Dans les reportagesDécollez les gens des murs ou des affiches, sinon on les écrase et il y a des ombres indésirables. La caméra se place presque au-dessus de l’épaule du journaliste, encore une fois pour voir le visage au complet de l’invité (et éviter les trous d’oreilles). Il faut aussi faire attention lorsque l’entrevue se déroule avec une salle en arrière-plan: il arrive que cette salle se vide et nous pouvons nous retrouver prisonniers de l’ordre chronologique de nos questions. (On voudrait peut-être mettre la dernière réponse avant la première, mais si la salle s’est vidée entre temps…) Il faut aussi faire des plans de coupe au cas où nous en aurions besoin au montage.Le trépied Sans doute le meilleur ami du caméraman. Il faut l’utiliser lorsque la scène est fixe, sinon, le seul mouvement sera celui de la caméra et il sera très perceptible. À moins d’être dans un endroit trop restreint, il faut toujours s’en servir pour faire des panoramiques, des zoom-in et zoom-out ainsi que pour les tilt-up. Il permet également de faire des jeux de foyers entre deux objets éloignés. Si vous n’avez pas de trépied, appuyez-vous sur une structure fixe (cadre de porte, voiture, etc.) Lorsque l’action ne manque pas devant la lentille, il est fort à parier que les gens ne se rendront jamais compte que le caméraman travaille à l’épaule. La règle est assez simple: lorsque les objets ou les gens demeurent pratiquement fixes, la caméra fait de même. Par contre lorsqu’il y a du mouvement devant la lentille, les mouvements de caméra paraissent beaucoup moins. L’éclairage La lumière naturelle
La lumière naturelle est la plus capricieuse de toutes parce que nous avons peu de contrôle sur elle. Elle varie d’une période à l’autre de la journée, crée parfois des ombrages indésirables. Pour contourner la difficulté, il existe des réflecteurs. Dans l’absence d’un réflecteur, on peut utiliser la réflexion d’un panneau blanc, ou même d’une camionnette blanche. Il faut éviter de filmer un avant-plan ombragé avec une arrière-scène trop éclairée. La lumière artificielle
La lampe de contre-jour (backlight) permet de dissocier le décor et le personnage en essayant de créer l’illusion d’une troisième dimension en éclairant (de l’arrière) les épaules et la tête du personnage. La lampe doit être placée plus haut que le sujet pour que la caméra puisse « sentir » son faisceau. C’est un peu comme tracer au crayon noir le contour d’un personnage dans un dessin. Le sujet ne se confond plus avec le décor. La lampe principale (keylight) permet de distinguer les traits de notre invité (ou de l’objet principal). Il faut la placer dans la direction où regarde l’invité, plus haut que la caméra afin d’éviter d’aveugler notre personnage. De plus, en la plaçant à une certaine hauteur nous évitons de causer des ombrages à l’arrière. Cette lumière sera moins forte que le backlight pour conserver l’effet de « découpage » de cette dernière.
La lampe d’ambiance (softlight) sert à atténuer les ombrages causés par la lampe principale dans le visage de l’invité. Elle est considérablement moins forte que la principale, mais assez pour permettre de distinguer les traits de la personne dans l’ombre. La lampe d’ambiance est moins puissante que les deux précédentes.Beaucoup de directeurs photo emploient une quatrième source de lumière pour mettre en évidence des parties du décor. Certains utilisent des lampes puissantes qui balaient de leur faisceau le décor à l’arrière-scène alors que d’autres préfèrent attirer l’attention sur des petits détails ou essaient de donner l’impression que le soleil fait partie de l’éclairage ambiant.
À deux lampes Il est possible d’obtenir un éclairage décent en utilisant un éclairage de contre-jour (backlight) et une lampe principale. Dans le cas de cette dernière, il faudra peut-être atténuer la lumière avec une « peau d’ange », c’est-à-dire une sorte de filtre résistant à la chaleur et permettant de rendre le faisceau plus diffus, adoucissant ainsi les zones d’ombrage sur le visage de la personne.À une lampe Il n’est pas toujours facile d’éclairer une scène avec une seule lampe. Il faut souvent choisir la « moins pire » des solutions. C’est-à-dire de s’assurer que ce que nous voulons montrer soit très visible, bien éclairé. Il faudra habituellement sacrifier le contre-jour et se concentrer sur la lampe principale. La façon la plus simple et la plus utilisée est de faire réfléchir la lumière sur les murs ou le plafond pour inonder la pièce d’une lumière “ambiante” assez uniforme. Vous éviterez ainsi la création de zones ombragées trop prononcées sur votre sujet. Le tournage Avant de partir en tournage, pensez à ce que vous allez voir. Quelques heures de planification permettent souvent de sauver des journées de travail qui seraient mieux investies ailleurs que dans la récupération d’un tournage mal planifié. Avant de rencontrer une personne pour une entrevue, vous devriez savoir exactement ce qu’elle vous dira. Il est préférable de lui parler avant de partir en tournage. La plupart des journalistes d’expérience ont déjà écrit leur histoire avant de rencontrer la personne. Le plan de tournage, que l’on pourrait appeler aussi le découpage technique, permet de définir exactement ce qui est essentiel à un tournage. Pour faire un reportage de deux minutes sur un éleveur d’autruches, vous savez déjà qu’au moins la moitié du reportage sera faite d’entrevue. Donc, il vous faut au maximum une minute et demie de visuel. Ça ne donne rien de faire une entrevue de 15 minutes quand la personne vous donne ce que vous cherchez dès la deuxième minute parce que vous savez ce que vous faites. En plus de vous faire perdre du temps au tournage, vous en perdrez autant en prémontage alors que vous aurez à regarder et à transcrire une entrevue inutilement longue.Souvent les jeunes équipes de reportages perdent un temps fou à tourner des images qu’elles n’utiliseront jamais parce qu’elles ne savent pas exactement ce qu’elles veulent raconter.Il arrive que certaines données changent une fois sur place, mais c’est plus facile de s’ajuster que de TOUT faire. Ainsi, si un invité se désiste, vous pourrez trouver une autre personne qui pourra répondre à vos questions. Si par contre vous attendez de voir ce que l’invité vous dira pour aligner votre reportage, vous reviendrez parfois bredouilles, sans même de visuel.Il arrive à tous de faire des interviews avec plusieurs personnes pour se rendre compte qu’elles disent la même chose. Une seule aurait suffi. Si le journaliste avait pris une quinzaine de minutes pour appeler ces personnes, il aurait sauvé beaucoup de temps, d’argent et d’énergie. Il est donc important de planifier sur papier tout ce que nous voulons faire. Plan de tournage Le plan de tournage comprend le découpage de chacune des scènes. Faites-vous un tableau avec une colonne audio (brouillon de la narration et des entrevues anticipées), une colonne vidéo, une colonne pour la durée et une dernière pour la durée cumulative. Dans la colonne vidéo, il faut planifier les plans qui serviront à illustrer l’histoire. Soyez très descriptifs. Essayer même de prévoir où seront les effets sonores ou les effets vidéo. Mettre la source et la durée.Plus on passe de temps dans une pièce, plus il faut faire des plans variés. En télévision, les plans fixes varient de 2 à 6 secs. Une fois que le plan a dit ce qu’il avait à dire, on le remplace par un autre qui nous en apprend un peu plus. Chaque plan doit nous apprendre quelque chose, sinon nous aurons l’impression qu’il ne se passe rien.
Il est important également de changer la valeur de plan. Seuls deux gros plans peuvent se suivre sans problème. Pour une séquence normale, prévoyez au moins trois plans, éalement quatre : • un plan large pour la mise en situation ;un gros plan pour montrer le point d’intérêt (ou l’action) ;un autre gros plan de la personne ;un plan moyen pour montrer l’ensemble et clore la séquence.Déplacez la caméra pour éviter ce que l’on appelle les pop-cut, soit deux plans différents, du même objet, dans exactement le même angle. L’ordre de construction d’une séquence peut varier. Tout dépend de l’ambiance que nous voudrons donner à une séquence lors du montage. Un travail d’équipe Le travail du caméraman et celui du journaliste sont aussi importants… Il est donc essentiel que les gens respectent le travail des autres. Lorsque le journaliste ou le réalisateur connaissent le sujet du reportage, il devrait en parler immédiatement au caméraman afin que ce dernier puisse déjà penser au visuel pendant que le journaliste termine sa recherche. Le journaliste ou le réalisateur a avantage à parler de tous les aspects du reportage à son ou ses coéquipiers.Avant de partir en tournage, il faut essayer de penser aux images que nous pensons retrouver sur place. Il faut penser à certains plans “clés” et les écrire sur une feuille. La liste d’épicerie du réalisateur permettra d’oublier certains plans indispensables pour avoir un bon tournage. (En passant, le réalisateur ou le journaliste devraient aider à transporter le matériel). Quand faire les entrevues? Certains préfèrent effectuer les entrevues avant de tourner le visuel, d’autres après. Les deux sont bons: tout dépend de notre invité. Si l’invité est intimidé par la caméra, il sera peut-être préférable de faire le visuel avant. Il sera plus à l’aise lors de l’entrevue. Le tournage de l’entrevue en premier permet parfois d’ajuster le tournage en conséquence. L’inverse est aussi vrai: le visuel peut permettre de découvrir des choses que l’équipe ignorait. La conférence de presse
Avant d’aller en conférence de presse, il faut savoir à l’avance le sujet de cette conférence. 1) Parce qu’il est alors possible de connaître l’importance que prendra la nouvelle dans le bulletin, donc la durée et le visuel nécessaire? Ça ne donne rien de tourner 60 minutes de visuel si la nouvelle ne prend que 10 secondes dans le bulletin.
2) En sachant le contenu à l’avance, l’équipe saura quand tourner les intervenants à l’avant, quand tourner les gens dans la salle. Il est très rare que nous utilisions les images de gens qui entrent pour s’asseoir avant le début de la conférence. En général, le reportage commence avec des gens qui parlent en avant. On ne peut généralement pas revenir en arrière et “faire recommencer la conférence” 3) Surtout, il sera possible de prévoir le visuel complémentaire nécessaire et aussi de trouver à l’avance des gens qui seront touchés par la nouvelle et qui seront ainsi prêts à donner leurs réactions. C’est plus révélateur de montrer des enfants pauvres que de voir les gens s’endormir lors d’une conférence de presse.
4) Finalement, vous pourrez ainsi poser les vraies questions puisque vous aurez eu le temps d’étudier le dossier avant d’aller à la conférence.

Le tournage de la conférence

Essayer de se placer face à la table d’honneur, avec un ou des micros situés sur la table, près d’un haut-parleur ou directement dans la console de son de la salle. Chaque conférence de presse est différente…il est donc difficile d’établir une règle pour l’ordre du tournage. Il existe toutefois certaines choses à respecter: 1. Lorsqu’il faut déplacer la caméra (même pour un plan de coupe) et qu’une personne parle à la table, il faut continuer d’enregistrer. Même si le visuel n’est pas parfait, il sera possible de récupérer l’extrait en le couvrant de visuel de la conférence.
2. Faire attention à l’axe. Il arrive souvent que les cameramen traversent leur axe lors de conférence de presse. Il n’y a pas de problème pourvu qu’il existe des séquences complètes des deux côtés de l’axe. Il suffit de mettre un extrait ou un gros plan de face pour traverser de l’autre côté. L’axe est dicté par la direction des regards. Si ceux qui sont en avant parlent vers la gauche, il faut que ceux qui écoutent regardent vers la droite.
3. Si vous avez déjà l’assurance d’avoir une période de questions après la conférence, ça ne donne rien de tourner tout le discours. Une fois que vous avez quelques extraits qui peuvent donner le ton à votre reportage, tourner vos plans.4. À moins que ce ne soit la conférence de presse qui soit l’événement (genre la conférence de presse pour le retour d’une équipe de hockey professionnelle à Québec) il faut autant que possible éviter de montrer des images des conférences.
Ex. : si le gouvernement annonce un programme de 45 millions de dollars pour les garderies, vous pourriez conserver uniquement les extraits d’entrevue de la conférence (en fait les questions que vous aurez posées après la conférence) et aller faire un tour dans les garderies pour savoir ce qu’en pensent les responsables ou les éducatrices. Peut-être que les parents ont eux aussi un point de vue intéressant.Les plateaux Parfois indispensables, les plateaux ne sont pas toujours de mise.

Plateau dans le reportage: La principale raison pour l’utilisation d’un plateau dans le milieu de reportage est le changement de direction de l’histoire ou encore pour conclure une partie du sujet.

Plateau de signature: Bien que la plupart des téléspectateurs disent décrocher lorsqu’ils voient le journaliste faire son stand-up, c’est grâce à celui-ci que ces mêmes journalistes télé possèdent une certaine crédibilité. Par contre, si les gens ont développé le réflexe de décrochage, c’est probablement que les plateaux de signatures sont utilisés à outrance et souvent inutilement.

Bien entendu, un plateau est de mise lorsque vous vous rendez au Bangladesh, pour montrer que vous y étiez vraiment. Le problème vient peut-être de ce réflexe. C’est que les journalistes écrivent leur fermeture de reportage sur le terrain, avant même d’avoir écrit leur histoire. Ils enregistrent alors une conclusion sans trop de saveur, une conclusion “neutre”, d’où l’importance de savoir toute l’histoire avant de partir en tournage.

Le visionnement

Le journaliste doit regarder toutes les images tournées, quitte à le faire en accéléré. Cela permet de gagner du temps au montage et donne souvent de l’inspiration pour l’écriture. Souvent les cameramen nous donnent des images très surprenantes qui peuvent nous amener à changer le récit. Mais il arrive aussi que nous pensions avoir certaines images qui n’y sont malheureusement pas, ou qui sont inutilisables.

Cet exercice est d’autant plus important que le journaliste écrit le texte en fonction des images. Ainsi, vous pourriez perdre toute crédibilité si vous parlez de l’engouement des gens pour un gymnase, mais qu’il n’y a qu’une dizaine de personnes sur les images (que vous n’avez pas vues parce que vous n’étiez pas là au moment du tournage).

Il est important de mettre sur des feuilles de repérage les données des plans du tournage. On y mettra le temps de repère, la valeur du plan (MS ou C-UP) ce qui se passe à l’écran. Un truc : Marquez les images intéressantes à l’aide d’étoiles. Ainsi, une étoile peut vouloir dire BONNE IMAGE et deux étoiles À UTILISER ABSOLUMENT.

Il faut également écrire au complet les extraits d’entrevue sélectionnés. Le journaliste évitera ainsi de répéter exactement ce que vient de dire l’invité.

Cependant, lorsque le temps se fait rare, le journaliste peut décider de noter seulement le début et la fin des séquences.

L’écriture

C’est l’introduction qui amène le téléspectateur à écouter ou non un reportage. Le meilleur reportage du monde, mal présenté serait moins bien reçu qu’un reportage moyen très bien amené. Rappelez-vous les fois où le lecteur n’a pas présenté le bon reportage. Il faut de très longues secondes avant de comprendre ce qui se passe. C’est un peu la même situation qui se produit quand l’introduction d’un reportage n’est pas bien écrite.

Nous l’avons lu précédemment, la première chose à faire est de rapprocher la nouvelle du téléspectateur, lui dire que ce qui s’en vient le concerne directement et risque même d’avoir un certain impact dans sa vie.

Dans un langage usuel, des mots français que les gens ordinaires comprennent. Toujours se demander si notre vieille tante va comprendre tout ce que l’on dit sans avoir besoin d’un dictionnaire. Si elle se demande ce qu’un mot veut dire, elle risque de perdre l’information qui suit.

Il faut répondre aux cinq W.

Who Qui
What Quoi
Where Où
When Quand
Why Pourquoi

How Comment

Mais contrairement à la presse écrite, ils n’ont pas besoin d’être par ordre d’importance ni en forme de pyramide dans la première phrase.

Le style est direct, actif et au présent.

Oubliez : un sexagénaire a été tué hier matin dans la région de Rawdon lorsqu’il a été frappé par un camion alors qu’il tentait de traverser la route 125 après avoir descendu de son véhicule.

Plutôt: La police enquête toujours sur l’accident de la route qui a coûté la vie à un homme de 60 ans hier matin dans la région de Rawdon. Les policiers n’arrivent pas à comprendre ce qui a poussé la victime à quitter sa voiture pour traverser à pied la route 125. Ils essaient de retracer des témoins de l’événement.

Évitez les phrases trop longues. Une idée par phrase. C’est bon de varier la longueur des phrases afin de donner du rythme.

Les chiffres
Il faut toujours éviter les chiffres. Les gens vont retenir un ou deux chiffres, à condition qu’ils ne soient pas trop rapprochés.
Éviter les fractions genre 48% ou 72%. Dire la moitié, une personne sur deux, près des trois quarts ou sept personnes sur dix.

Les émotions
Au Québec, combien d’enfants meurent chaque année ? Quel est le nom du cardiologue du Québec qui a tué ses deux enfants il y a quelques années?

Tout le monde se souviendra d’avoir vu une personne se faire piquer pour donner de son sang, mais personne ne se rappelle combien de personnes donnent du sang chaque année au Québec.

Gardez les extraits les plus forts en émotions. Vous pouvez dire les chiffres ou le “factuel” vous-même. Mais si vous dites qu’une personne n’est pas contente, elle est mieux placée que vous pour démontrer son niveau d’insatisfaction. Le texte doit être clair, exact et précis.

N’oubliez pas qu’il y a toujours deux côtés à une médaille. Il faut être juste et équitable. Même si vous trouvez qu’une personne dit des âneries, elle a droit à son opinion. Si une personne dit que son cheval blanc est bleu pâle, il est bleu pâle pour elle…Il faut la respecter…et montrer le cheval pour que les gens puissent juger eux-mêmes…

Les ON
On pense que le gouvernement canadien ne devrait pas interdire la vente de bœuf de l’Ouest, malgré la découverte d’un cas de vache enragée dans cette région.

C’est qui le ON? Il faut toujours identifier nos interlocuteurs.

Les amorces parapluie
Ne jamais utiliser les amorces parapluies genre : Le ministre québécois des Pêches ment aux pêcheurs lorsqu’il leur dit qu’il y aura de nouveaux programmes pour leur venir en aide. C’est ce qu’affirme le député péquiste de Montréal-centre ….

Qu’arrive-t-il si les enfants décident de changer de poste après la première phrase? De plus, en utilisant une telle amorce, on donne l’impression d’appuyer les dires du député.

Il faut plutôt dire : le député libéral XXXX accuse le ministre québécois des Pêches de mentir aux pêcheurs. Selon le député de Montréal-centre, il n’y a aucun programme d’aide…

Écrire en fonction des images
Il faut écrire en fonction des images que vous avez. Si le texte dit une chose et l’image en dit une autre, le téléspectateur aura de la difficulté à suivre. Il suffit parfois d’inverser le début et la fin d’une phrase.

Même s’il arrive parfois que le journaliste n’ait pas les images idéales pour décrire une situation, il peut s’en sortir avec l’écriture. Dans l’exemple précédent du gymnase qui ne contient qu’une dizaine de personnes alors que le journaliste parle d’un engouement, voici ce qu’il pourrait écrire : « Il n’y avait qu’une dizaine d’adeptes ce matin, mais habituellement il y en a des centaines qui s’entraînent ici chaque jour. » Le téléspectateur ne demande pas mieux que de vous croire, et c’est ce qu’il fera.

Il arrive que nous enlevions une partie intéressante de l’histoire parce que nous n’avons pas d’image. Certains contournent le problème en faisant ce que nous appelons des PONTS. Mais si nous le faisons, il faut que ce pont soit le lien entre la séquence précédente et celle qui suit.

L’ajout de tableaux peut également permettre d’illustrer certains passages. Une chose importante cependant : le journaliste doit dire EXACTEMENT la même chose que le tableau.

Le montage

Dans un reportage télé, vous devez accrocher le téléspectateur dans les 15 premières secondes du reportage. Le zapping est à la mode. Il faut établir dès le départ le “feeling” que vous voulez donner. Si vous voulez que ça bouge…il faut que ça bouge dès le début. Si vous faites un reportage humoristique, il doit généralement commencer de la sorte.

Dans une minisérie ou un film, c’est un peu différent, les premières minutes servent souvent à mettre le générique. Le réalisateur en profite pour faire la mise en place des éléments nécessaires à l’énigme et créer l’ambiance. Les gens se sont déplacés et ont payé 10 $ pour y assister. Et ils n’ont pas de manette à proximité.

C’est souvent au montage qu’on découvrira le talent d’un bon communicateur. Avec les mêmes images, la même musique il est pratiquement impossible que deux personnes arrivent au même résultat. Le montage, c’est un peu comme écrire une chanson. Le réalisateur décide du rythme, de la mélodie, utilise plus ou moins certains instruments.

Afin d’arriver au résultat désiré, le journaliste et l’équipe de montage possèdent certains outils de base, dont les transitions.

La coupe sèche
Sans doute la plus utilisée, elle permet de passer d’une image à l’autre dans un même espace-temps. Elle doit primer sur toute autre transition.

Fondu enchaîné
Permet de passer d’un endroit à un autre,
– de faire des ellipses dans le temps
– de couper dans le mouvement d’un plan
– de mettre à la suite deux images qui ne vont pas nécessairement à la suite l’une de l’autre.

Fondus d’ouverture et de fermeture (fondu au noir)
-pour faire une coupure…pour dire que nous commençons quelque chose de neuf
-pour mettre un point final à une histoire
-Dans le milieu d’un reportage, le fondu au noir permet de “fermer” une partie de l’histoire et dans commencer une autre. Il faut cependant faire attention de ne pas le faire trop long: le téléspectateur pourrait penser que le reportage se termine à cet endroit.

“Lead-in” musical ou sonore
C’est une des transitions les plus utilisées au cinéma et à la télévision. Elle consiste à amorcer la musique ou le son du plan suivant quelques secondes avant que ne se fasse le changement de plan. C’est une excellente façon de faire mieux passer les coupes sèches. Très pratique dans une salle où il est impossible de faire des fondus enchaînés (mixe). En fait, elle est souvent préférable à un mix.

Toutefois, le lead-in visuel est plus difficile à réaliser. Il s’agit de faire entrer le visuel avant que le son du plan que nous quittons soit terminé. Nous l’utilisons habituellement lorsque l’image n’est plus assez stable ou qu’une personne continue de parler après le dernier mot de l’extrait que nous utilisons. Une telle transition passera mieux avec l’aide d’un fondu enchaîné.

Ellipse
Elle permet de couper le temps réel, afin de réduire les longueurs et directement au vif du sujet. Habituellement le dernier plan d’une séquence dure un peu plus longtemps que nécessaire et le plan suivant est un gros plan ou une image avec du mouvement ou de l’action afin d’attirer l’attention du téléspectateur sur autre chose que la notion de temps. Certains vont ajouter un gros plan d’un enseigne pour nous montrer par exemple dans quel édifice entre une personne.

Les trucages numériques
Les trucages numériques pour faire des transitions (comme les cubes et les tornades) sont à utiliser avec parcimonie. Ainsi, lorsque nous en utiliserons un, il aura l’impact souhaité. Par contre, si ces trucages ne sont là que pour agrémenter un visuel peu intéressant, ils risquent de nuire à la compréhension du message.

Pour conclure les transitions, il ne faudrait pas oublier ce que Frederick Shook de l’université l’État du Colorado. «If it’s right but feels wrong, it’s wrong. If it’s wrong but feels right, it’s right ».

«If you can’t resolve, dissolve!»

La musique
Il est souvent inutile de mettre de la musique dans un reportage, surtout de courte durée. Cependant, les images, les entrevues et le texte ne réussissent pas toujours à obtenir le résultat voulu. Nous avons aussi parfois des problèmes de son.

Le choix de la musique, ou des effets sonores deviennent alors aussi importants que les autres éléments du reportage. Comment créer une ambiance? C’est une question de sensibilité. Il faut y aller avec ce que nous inspirent, nous disent, les images. Il arrive que nous n’arrivions pas à trouver la musique qui convient le mieux. Il faut alors se demander si la musique est vraiment nécessaire. Parfois, des effets sonores ou même un son ambiant très riche font encore mieux l’affaire.

Il arrive régulièrement que des images nous inspirent de la musique. Si vous entrez dans un lieu qui vous donne la sensation de vous retrouver dans une cathédrale, rien ne vous empêche d’utiliser de la musique d’orgue d’église par exemple. En utilisant ce type de musique, nous réussirons peut-être à faire partager à l’auditeur ce que nous avons ressenti.

Évitez de mettre plus de deux sources sonores en même temps. Ça risque de créer de la cacophonie.

La durée de vie d’un plan ou d’une séquence
Souvent lorsque les gens commencent en télévision, ils demandent combien de temps dure un plan. La réponse : ça dépend du plan. Une fois que le plan a dit ce qu’il avait à dire, on le remplace par un autre qui nous en apprend un peu plus. Chaque plan doit nous apprendre quelque chose, sinon nous aurons l’impression qu’il ne se passe rien.

L’ordre d’une séquence peut toutefois varier. Tout dépend de l’ambiance que nous désirons donner à une séquence.

Un film, un vidéo ou un reportage sont constitués de séquences, elles-mêmes constituées de plans. Toutes ces composantes ont cependant un point en commun : l’intérêt. Un plan qui ne présente pas d’intérêt risque d’enlever l’intérêt d’une séquence, qui risque à son tour d’enlever de l’intérêt au document.

Sur une échelle de dix, un plan devrait commencer à un taux « d’intérêt » de deux ou trois. Il doit attirer l’attention dès son apparition et disparaître quand le taux d’intérêt commence à diminuer (aux environs de 7). Ne commencez pas un plan sans qu’il y ait déjà un certain intérêt. C’est tout aussi important de quitter un plan dès qu’il ne présente aucun intérêt pour le téléspectateur.

Qu’est-ce que l’intérêt dans un plan ? Habituellement, c’est le mouvement qui attire le plus l’attention.

La même logique s’applique pour une séquence et pour l’œuvre au complet. C’est au montage que nous pouvons éliminer les parties sans intérêt d’un plan, d’une séquence et d’un document.

Toutefois qu’il arrive qu’un plan moins significatif soit nécessaire. Ex. : Après une séquence très drôle, il faut donner le temps aux gens de rire, sinon ils manqueront une partie essentielle de l’histoire. Même chose dans les séquences où il existe une très forte tension. Il faut parfois laisser les gens décompresser un peu.

Un point essentiel également : essayez de toujours couper le plan dans un mouvement. Le montage coule beaucoup mieux et cela permet aussi d’agencer certains plans qui ne pourraient l’être autrement. En attirant l’attention du téléspectateur sur le mouvement, vous réussirez de meilleures ellipses.

Il arrive que nous ayons à mettre deux plans larges qui se suivent. Si vous n’avez vraiment pas le choix de le faire, utilisez un fondu enchaîné.

Plan de montage

Le plan de montage peut se diviser en autant de colonnes que nécessaire. En télévision on en a habituellement cinq : le numéro de l’événement, l’audio, le vidéo, la durée de la séquence et le minutage cumulatif.

La case de l’événement; très utile lorsque nous travaillons en équipe. Ainsi, lorsqu’une personne suggère une modification, elle n’a qu’à nous référer au numéro d’événement.

La case audio accueille la partie narrative ou le déroulement du projet. Il faut numéroter les narrations. Beaucoup plus facile lors de la rédaction, de l’enregistrement et au montage. Dites au narrateur d’identifier chacune des narrations et le numéro de la prise (genre narration 7, prise 2). Ainsi, le monteur et le réalisateur n’auront aucune difficulté à se retrouver (la personne qui assiste à l’enregistrement devrait également écrire le no de la prise.) Nous y mettons aussi les directives relatives à la musique et les effets sonores, de même que les effets sonores.

Dans la vidéo, il faut y mettre les plans qui serviront à illustrer l’histoire : le serveur où se trouve le visuel, le dossier, le nom du fichier, le time code et la valeur du plan. Préciser s’il y a des images et des mots qui doivent absolument aller ensemble.

Dans la case durée et total, il est important de mettre la durée exacte de ce que nous montons. Nous évitons ainsi d’avoir à arriver à la fin du reportage et de devoir couper des choses très intéressantes. En le faisant sur papier, vous pouvez même raccourcir les extraits et écrire à nouveau le texte en conséquence. En plus vous n’aurez pas perdu de précieuses heures de montage.

La narration

Sans doute un des éléments les plus importants, la narration des textes est malheureusement la négligée du processus. Nous pouvons passer des heures et des heures, même plusieurs jours à écrire et modifier un texte. Pourtant, on ne prend que quelques minutes pour l’enregistrer, comme pour s’en débarrasser.

Découpez d’abord votre texte en groupe de mots, soulignez les mots importants (habituellement les noms propres, les chiffres et les verbes).

Ensuite, lisez à voix haute. C’est même conseillé de le lire à une autre personne qui ne connaît pas vraiment le reportage. Elle vous dira s’il y a des choses qu’elle ne comprend pas, ou mal. Si une personne de votre entourage saisit mal ce que vous voulez dire, il est fort à parier qu’il y a plusieurs téléspectateurs qui ne comprendront pas. N’oubliez pas qu’ils sont dans leur maison et font peut-être autre chose en même temps. Nous ne sommes jamais trop clairs.

Avant d’entrer dans le studio de son, il faut faire des exercices de diction et de respiration.

Pour la diction : une des techniques consiste à relire le texte aussi souvent que possible avec un stylo entre les dents (enfoncé le plus loin possible).

Pour la respiration: faire des HAAAAAAAAAAAA!!!!!!!!! avec l’air projeté à travers les cordes vocales à l’aide de nos muscles abdominaux, et non pectoraux. Les pectoraux affectent le rendement des faciaux, entraînant ainsi des erreurs de prononciation. Un des meilleurs exercices est d’essayer de rentrer son ventre le plus possible, en essayant par exemple d’aller toucher la colonne vertébrale avec son nombril. Le faire le plus lentement et le plus longuement possible en faisant des HAAAAAAAAAAAAAAAAA!!!! sans arrêt.

Faites cet exercice au moins une dizaine de fois avant de lire le texte en studio. La voix sera plus grave, plus posée, plus présente et sera habituellement dénuée des défauts de prononciations, absents dans le langage parlé quotidien.

Un dernier conseil : lors de l’enregistrement, ne couvrez qu’une seule des oreilles avec les écouteurs; celle où vous entendez les indications du technicien du son. Avec des écouteurs sur les oreilles, une personne a tendance à écouter la modulation de sa voix. Sans s’en rendre compte, elle déplace alors les accents toniques. Dans le métier, on dit qu’elle chante. En laissant une oreille découverte, le journaliste aura une lecture plus naturelle, comme s’il parlait à une personne.